Arrêtons de parler d’enfants « tyrans » !

S’il y a bien une chose qui me révolte profondément en tant que psychologue de l’enfance, c’est cette étiquette d’enfant « tyran », d’enfant « roi ».

Je vous assure, je n’en peux plus de l’entendre. Cette étiquette ne fait que :

  • Stigmatiser l’enfant
  • Lui donner des intentions malveillantes
  • Nourrir la vision d’une éducation autoritaire
  • Alimenter l’idée d’un inévitable rapport de force entre l’enfant et son parent

Non, un enfant ne peut pas être un « tyran » malveillant qui « tyrannise » ses parents. Et puis quoi encore ?! Les personnes qui qualifient un enfant de « tyran » se sont-elles déjà demandé cce que vivait cet enfant ? Ce qu’il ressentait ?

Le plus souvent, l’étiquette d’enfant « tyran » désigne un enfant qui multiplie les conflits avec ses parents et avec son entourage, qui a du mal à réguler ses émotions, à respecter le cadre. Imaginons-nous dans le quotidien d’un tel enfant : comment peut-on penser un seul instant qu’il en tire un quelconque bénéfice ? Qui voudrait être à sa place ?

Il est évident qu’il s’agit là d’un enfant incompris, d’un enfant qui souffre de ne pas avoir des relations apaisées avec ses parents et son entourage, qui souffre d’être sans cesse réprimé, puni, menacé, humilié.

Peut-être même s’agit-il d’un enfant qui a un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) et qui aurait besoin d’une prise en charge spécifique pour vivre un quotidien plus apaisé. A elle seule, cette étiquette d’enfant « tyran » vient rallonger son errance diagnostique, si fréquente en France.

Et vous savez quoi ? Au lieu de lui venir en aide, on le stigmatise, on l’enferme dans cette image d’enfant « qui cherche à prendre le pouvoir », on le violente de plus belle pensant qu’il « manque de limites ».

On nie sa souffrance, ses besoins, sa réalité.

Mais quand va-t-on, en France, cesser ENFIN d’alimenter (dans les médias, les livres, du côté de certains pros…) cette haine des enfants ?