Montessori : de la pédagogue engagée au buzz commercial

bébé-étonné

La pédagogie de Maria Montessori fait l’objet d’un engouement sans précédent. Quels étaient les enseignements de cette célèbre pédagogue ? Quels sont les revers de la médaille de ce succès ?

Samedi, alors que je lézardais dans une boutique de jouets pour enfants avec ma fille, je tombe sur un rayon estampillé « Montessori ». Au menu : des jouets en bois, encore et encore. Des bleus, des rouges, des jaunes. Des boules, des cubes, des anneaux, des vis, des puzzles, des fruits. Il y en avait pour tous les goûts et tous les âges. Sur les boîtes figuraient des discours alléchants du type « ce jouet développera la concentration, l’autonomie et la motricité fine de votre enfant », « son sens tactile et de l’observation » ou encore « sa logique et sa réflexion ». De quoi transformer nos petits prodiges en de véritables intellos.

Le prix était quant à lui un peu moins enchanteur : comptez une vingtaine d’euros pour une boîte et une boule. Une réaction m’est venue : soit le prix du bois a subi une soudaine inflation, soit ces joujoux de bobo sont véritablement géniaux soit les producteurs de ces jouets surfent sur la vague Montessori pour s’en mettre plein les poches. Qu’aurait pensé Maria Montessori, grande dame de la pédagogie et défenseuse des enfants, de cet étalage commercial ? « D’une grande humilité, Maria Montessori n’a jamais déposé son nom en tant que « concept », elle disait elle-même que tout ce qu’elle avait pu découvrir lui avait été offert par les enfants et les observations qu’elle avait pu en faire, souligne Nelly Camain-Forestier, co-fondatrice de la structure Les P’tits Sages[1], formatrice Montessori et animatrice d’ateliers parent-enfant. Cela est triste car les jeux estampillés sont vendus chers et trompent les consommateurs – parents ou éducateurs – car ils ne respectent pas toujours les principes de la pédagogie. Ils confortent de plus certains dans l’idée fausse qu’il s’agit d’une pédagogie élitiste ! ».

Notre tendre société de consommation se serait donc emparée de cette folie montessorienne, du lit à l’application numérique. « L’idéologie contemporaine associe en effet [le nom de Montessori] à la pédagogie la plus épanouissante du moment » souligne Frédéric Gobert, auteur de travaux de linguistique et de pédagogie, docteur en sciences du langage et titulaire d’un DEA de Lettres Modernes[2]. Et si nous tentions de comprendre la pédagogie Montessorienne, la vraie de vraie ?

Une femme médecin dévouée à la cause des enfants

Nous sommes dans les années 1900. Maria Montessori, l’une des premières femmes médecins d’Italie, s’intéresse de près au développement naturel de l’enfant qu’elle qualifie d’ « être isolé dans la société »[3]. Pendant un demi-siècle, elle œuvre auprès des marginaux, ceux dont peu se soucient : les femmes, les enfants issus de milieux défavorisés, les déficients mentaux. Sur la base de ses observations, elle finit par développer une pédagogie visant à révéler le potentiel de chaque enfant, dans le plus grand respect de sa nature et de sa personnalité. « Maria Montessori parlait d’éducation à la paix. Elle était animée d’une réelle volonté de placer l’éducation comme clé d’ouverture au monde de demain : un monde basé sur le respect, l’autonomie et la collaboration » nous précise Nelly Camain-Forestier. Aux yeux de la pédagogue, l’adulte doit être un « guide » pour l’enfant. Un guide bienveillant qui l’aide à faire seul, dans un cadre sécurisant. A ses yeux, « éduquer n’est pas dresser ».

Sur sa lancée, en janvier 1907, Maria Montessori ouvre la toute première Maison des enfants (Casa dei Bambini). Sa spécificité ? Mettre à la disposition des enfants un matériel adapté à leur développement et, cerise sur le gâteau de la pédagogie, les laisser libres de s’orienter eux-mêmes vers les activités qui les intéressent pendant le temps qu’ils souhaitent. La pédagogue est surprise de constater que dans un tel environnement les plus jeunes enfants font eux aussi preuve d’une réelle concentration et d’autodiscipline. De ces observations s’enracine une pédagogie : lorsque l’on propose aux enfants un environnement adéquat, en présence d’éducateurs respectueux et stimulants, ceux-ci développent leurs acquisitions par eux-mêmes, à leur rythme. « Chaque activité isole une difficulté – comme par exemple trier les couleurs ou les formes – et permet à l’enfant d’identifier ses erreurs de façon autonome sans solliciter l’adulte » note Nelly Camain-Forestier. « On sait aujourd’hui que favoriser l’autonomie et la collaboration de l’enfant, tout en le guidant avec bienveillance et empathie, permet d’avoir de « meilleurs résultats » qu’un enseignant strict qui va favoriser la compétition et la performance chez les enfants » note Nelly Camain-Forestier. Exit les salles de classes traditionnelles où les enfants se remplissent, bien sagement assis derrière leur bureau, du savoir de leur maître. Ici, le maître, c’est l’enfant[4].

Une pédagogie difficile à appliquer dans les classes traditionnelles

Cette pédagogie séduit de plus en plus d’enseignants à travers le monde. « Cet engouement est justifié par le nombre d’enfants en échec scolaire aujourd’hui. Et par la volonté du corps enseignant et des parents de trouver d’autres alternatives pour s’adapter à l’enfant – et non l’inverse » nous précise Nelly Camain-Forestier. Les parents eux-mêmes ne se retrouvent plus dans le système éducatif actuel dans lequel nombre d’enseignants sont démunis face à un manque de moyens. Frédéric Gobert propose une autre lecture : « si des dizaines d’écoles [Montessori] ont ouvert (…), c’est parce qu’à force de dévaloriser le système public d’éducation, la bourgeoisie qui souhaite le meilleur pour ses enfants choisit de les placer dans des établissements qui attirent le parent en quête d’épanouissement grâce à leur nom »[5]. Marie-Laure Viaud, agrégée d’histoire, maître de conférences en science de l’éducation à l’université d’Artois et spécialiste des pédagogies alternatives rappelle qu’en France, en 2012, on dénombrait 125 écoles revendiquant une appellation Montessori. Alors qu’en 2017, nous avons atteint un effectif de 169 écoles soit un taux de progression de plus de 6% par an[6]. Toutefois, bien que cet effectif grimpe, il n’en reste pas moins marginal. A côté des 51 700 écoles françaises, le chiffre de 169 paraît anecdotique[7] !

 

Pourquoi la France ne recense-t-elle pas davantage d’écoles montessoriennes ?

Pour de multiples raisons. Tout d’abord, l’Éducation Nationale ne souhaite pas valider cette pédagogie ce qui contraint les structures montessoriennes à se développer en marge des écoles traditionnelles. Malgré tout, ne serait-il pas possible d’introduire cette pédagogie dans les classes sans se revendiquer 100% montessorien ? C’est là que le bât blesse. Certains vous diront que oui, c’est possible et que c’est à cause de ces vieux enseignants réac’ et conservateurs que la pédagogie du système public ne bouge pas d’un iota. Il y a peut-être un peu de ça, mais pas que. D’autres vous répondront que la pédagogie Montessori, la vraie de vraie, n’est pas si évidente à mettre en place dans les classes. En effet, les contraintes peuvent être de taille. Nelly Camain-Forestier nous indique que l’investissement de départ – dont l’achat du matériel pédagogique et la reconfiguration des espaces – nécessite du temps de préparation et un budget élevé que peu d’écoles sont prêtes à assumer seules sans une aide financière. Dans un article quelque peu provocateur[8], Françoise Dauliat, enseignante en école maternelle, explique que l’enseignant qui décide de bouleverser sa classe en y adoptant les principes d’aménagement de classe de la pédagogie montessorienne « prend la grave décision de vider de ses meubles du matériel accumulé pendant des années et des années, au risque de la laisser considérablement appauvrie au collègue qui lui succèderait ». « Il y a aussi certainement des réticences au changement qui s’expliquent par un manque de connaissance de la pédagogie et une peur de l’inconnu » explique Nelly Camain-Forestier.

A ces contraintes s’ajoutent le besoin de formation, d’accompagnement et de soutien des enseignants qui décideraient de se lancer dans l’application de la pédagogie Montessori. Ce qui nécessiterait de mobiliser de nouveau des ressources humaines et financières. Ressources qui, comme vous pouvez l’imaginer, ne sont pas du goût de l’Éducation Nationale. « Il est important de saluer de belles initiatives, notamment en milieu rural, où des écoles publiques sont soutenues d’une part par les mairies et d’autre part, par des associations comme Public Montessori qui propose du prêt de matériel et octroie des bourses pour aider les enseignants à se former ! » souligne Nelly Camain-Forestier.

 

Quid du retour de l’enfant dans le circuit « classique » ?

Reste à aborder une question qui revient souvent dans la bouche des parents et enseignants : lorsque mon enfant, scolarisé dans une école Montessori, remettra les pieds dans le circuit traditionnel, comment cela se passera-t-il ? Réussira-t-il à s’adapter au nouveau cadre, aux nouvelles règles ? Françoise Dauliat est sceptique : « un enfant qui aura vécu toute sa scolarité de maternelle [Montessori] sans apprendre les règles du travail collectif et les règles de discipline qui y sont liées aura probablement des difficultés à se fondre dans l’attente disciplinaire de l’enseignant »[9]. Pour certains écoliers, sans doute moins flexibles ou plus fragiles, le décalage entre les deux pédagogies peut les mettre dans une position inconfortable. « Les principales difficultés que peut rencontrer l’enfant concerne sa relation à l’adulte et à l’organisation du système scolaire classique. En arrivant au collège, des enfants peuvent être surpris par la notion de hiérarchie et ressentir un manque de confiance de la part de l’adulte. Le rapport à la liberté – par exemple, le fait d’être assis toujours au même endroit – peut également poser quelques difficultés d’adaptation » nous indique Nelly Camain-Forestier. Néanmoins, complète la pédagogue, confiants et formés à la prise de recul, les enfants s’adaptent bien la majorité du temps.

Malgré ses limites et critiques dont elle fait l’objet, la pédagogie de Maria Montessori continue de séduire une société qui est, plus que jamais, centrée sur l’enfant, son individualité, son bien-être, ses apprentissages et… sa réussite scolaire.

 



Une pédagogie critiquée

Si la pédagogie de Maria Montessori rassemble son lot d’adaptes à travers le monde, elle n’est pas préservée de critiques. Pour certains, cette pédagogie consiste à préserver à 100% l’enfant de la frustration et de l’échec, lui donnant l’illusion d’une société à son service. Ils imaginent ces petits humains, en roule libre dans la classe, tyranniser leurs éducateurs dévoués, venant remplir les rangs de ces mythiques « enfants rois ». Pour autant, un cadre est bel et bien existant. Si l’enfant choisit son activité et son matériel, il doit par la suite le ranger et adopter un comportement qui ne vient pas gêner l’harmonie de la classe. Nelly Camain-Forestier insiste : « J’invite souvent les personnes doutant de la pédagogie à lire les livres de Maria Montessori avant tout ! ».

D’autres reprochent à cette pédagogie d’être élitiste, très coûteuse. « Paradoxalement, alors que Maria Montessori avait au départ ouvert une école pour les enfants d’un quartier pauvre de Rome, les écoles Montessori d’aujourd’hui sont devenus très chères » regrette Virginie Helewa, directrice d’une école Montessori sur Paris[10]. « Les écoles « nouvelles » dites Montessori sont moins des écoles Montessori que des écoles privées pratiquant une endogamie socioculturelle recherchée par les parents » critique Frédéric Gobert, auteur de travaux de linguistique et de pédagogie, docteur en sciences du langage et titulaire d’un DEA de Lettres Modernes[11].

D’autres, s’interroge sur l’adaptation de cette pédagogie à tous les profils d’enfants ? Françoise Dauliat[12] pointe du doigt avec un brin de provocation le risque, selon elle, de « stagnation totale » des enfants : « selon la méthode Montessori, l’atelier doit être saisi par l’enfant de son propre chef. Certains enfants peuvent donc se satisfaire toute l’année, voire tout au long de leur scolarité en maternelle, de faire la même activité en boucle… ! ».

Des enseignants se disent épatés par la concentration des petits écoliers et du silence qui règne dans les classes Montessori. Revers de la médaille : le manque de temps collectifs et d’échanges verbaux entre les enfants seraient insuffisants, selon certains. Enfin, il est reproché à cette pédagogie d’être trop axée sur les pré-apprentissages scolaires et pas assez sur les productions artistiques, tels que la musique ou les arts plastiques. Ce qui explique que nombre d’enseignants piochent des outils complémentaires chez différents pédagogues, ne se limitant pas exclusivement à la pédagogie de l’un ou de l’autre.

 



La boîte à outils du parfait Montessorien

La pédagogie Montessori est avant tout un état d’esprit. Les parents qui souhaitent ancrer leur éducation à la maison sur quelques principes montessoriens ont à leur disposition moult supports. En voici une petite sélection !

  • Livre « L’enfant » de Maria Montessori édité par Desclée de Brouwer, (1ère éd. 1936 – 4ème édition 2018). p27. Le texte intégral est ici présenté en français pour la première fois.

Ce texte de référence constitue la meilleure introduction à sa pensée, sa proposition pédagogique. De par ses observations et ses analyses, Maria Montessori expose de manière explicite les bases d’une éducation enracinée sur le « respect de la personnalité de l’enfant ».

  • Boîte de cartes « Tout-petit Montessori » conçues par Adeline Charneau et illustrées par Mizuho Fujisawa, éditées par Nathan, 2018. Dès 15 mois.

Cet ensemble de cartes, douces au toucher et au graphisme poétique, permettent d’enrichir le vocabulaire du jeune enfant. Chacune de ces cartes représente des animaux ou des objets regroupés en différentes catégories dont « les objets de la maison » et « Les animaux de la ferme et leurs petits ».

  • Mon coffret de lecture Montessori de Marie Kirchner. Edité par Nathan, 2017. Dès 4 ans.

A défaut de rendre votre enfant lecteur à 6 mois, ce coffret vous permet de l’initier à la lecture, à la composition des mots, à la correspondance entre un mot écrit en écriture cursive et une image réaliste. Ce coffret, conçu par Marie Kirchner, directrice d’école Montessori et édité par Nathan, inclut des lettres mobiles, des cartes images, des tickets de lecture et un livret d’accompagnement. Indiqué pour les enfants de 3 à 6 ans. Dans la continuité, le même éditeur propose des petites histoires pour débuter dans la lecture « Mon coffret premières lectures Montessori » et des « Cahiers Montessori de lecture » pour les 4-6 ans.

  • Livre « La pédagogie Montessori à la maison » De Céline Santini et Vendula Kachel. Vendu aux éditions F1RST, collection « Ma p’tite famille », 2018. Dès la naissance.

Composé de fiches pratiques, ce petit ouvrage propose d’innombrables activités estampillées Montessori à expérimenter à la maison. Chacune des fiches inclut un âge minimum, une durée, le matériel nécessaire et un déroulement de l’activité étape par étape. Il peut s’agir de « peindre avec les doigts », « créer un cahier des métiers », « évaluer l’âge d’un arbre » ou encore « créer son herbier ».




Infos pratiques 

  • Le tarif pour une scolarisation dans une école Montessori revient à 400/ 500 euros mensuels en moyenne (plus le loyer est élevé, plus les prix grimpent)

Charlotte Poussin, auteur de « Apprends-moi à faire seul, la pédagogie Montessori expliquée aux parents » (Eyrolles, 2011) rappelle, à titre de comparaison, que si la scolarisation d’un enfant dans une école Montessori coûte environ 5 000 euros à l’année à la charge de ses parents, la scolarisation d’un enfant dans le système public coûte entre 7 000 et 9 000 euros par an à l’état[13].

[1] http://www.lesptitssages.com

[2] Extrait de l’article  « Montessori » ? La pédagogie : pour qui ? Pour quoi ? » Consultable sur le site de La Croix , Mise à jour le 02/10/2017.

[3] Extrait de « L’enfant » de Maria Montessori, édition Desclée de Brouwer, (1ère éd. 1936 – 4ème édition 2018). p27. Le texte intégral est présenté en français, pour la première fois.

[4] A ce titre, n’hésitez pas à visionner le film « Le maître est l’enfant » d’Alexandre Mourot, réalisateur et jeune papa. Toutes les infos, ici : http://www.montessori-lefilm.org/

[5] Extrait de l’article  « Montessori » ? La pédagogie : pour qui ? Pour quoi ? » Consultable sur le site de La Croix , Mise à jour le 02/10/2017.

[6] Marie-Laure Viaud, « Les écoles Montessori dans le monde », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 76 | 2017, 51-62.

[7] « Les chiffres clés du système éducatif » pour l’année scolaire 2016-2017. Consultable sur le site http://www.education.gouv.fr/

[8] Françoise Dauliat (2017). « Méthode Montessori: la fabrique du crétin libéral ». Site causeur.fr

[9] Françoise Dauliat (2017). « Méthode Montessori: la fabrique du crétin libéral ». Site causeur.fr

[10] Extrait de l’interview « Ecole Montessori: fantasmes et réalités » publié sur le site de L’express, le 20 juin 2014.

[11] Extrait de l’article  « Montessori » ? La pédagogie : pour qui ? Pour quoi ? » Consultable sur le site de La Croix , Mise à jour le 02/10/2017.

[12] Françoise Dauliat (2017). « Méthode Montessori: la fabrique du crétin libéral ». Site causeur.fr

[13] Si les classes Montessori comportent autant d’enfants que les classes traditionnelles, le mélange des âges est une vraie spécificité.

Un commentaire sur “Montessori : de la pédagogue engagée au buzz commercial

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  1. Merci pour ce très bon article. A la fois instructif et assez concret pour les parents qui peuvent se sentir perdus face à ses offres.

    Et tu donnes des éléments de réponses à une question que je me posais: pourquoi ces écoles Montessori sont si chères, alors que Montessori avait développé son école pour des enfants défavorisés ?

    Merci!

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