Faut-il le laisser pleurer seul dans son lit pour lui « apprendre à dormir » ?

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Je sais à quel point il peut être éprouvant de s’occuper quotidiennement de jeunes enfants. Surtout quand nos nuits sont toujours autant interrompues par ses pleurs répétés (bonjour, la fatigue). Pour autant, le laisser pleurer seul dans son lit ne semble pas être la solution… A défaut de lui apprendre à dormir, la méthode du « laisser pleurer » apprend à l’enfant à ne pas compter sur les adultes en cas de besoin et à désactiver ses signaux d’alerte (tels que les cris et les pleurs).

Il en est de même pour les enfants qu’on laisse parfois pleurer en crèche (par manque d’adultes disponibles) et qui, au bout d’un certain temps, ne pleurent plus. Chic, « ils sont enfin adaptés ! » se dit-on, rassurés. Malheureusement, pas forcément. Il y a de grandes chances que leurs besoins de proximité et de réassurance demeurent identiques mais que l’enfant ne les manifeste plus car, à plusieurs reprises, l’adulte n’y a pas répondu…

Je vous propose de remonter aux origines de cette méthode d’éducation qui, il fut un temps, était très populaire. Comment en étions-nous arrivés là ?

Ignorer les comportements inadaptés, telle est la base des méthodes comportementales

Tout a commencé dans le courant du 20ème siècle, période durant laquelle a émergé le comportementalisme. Le comportementalisme, c’est quoi ? C’est un courant de la psychologie qui a pour objectif de supprimer les comportements inadaptés des individus (comme le fait de taper son petit-frère ou d’échapper aux réunions de service interminables !). Le principe est le suivant : on va punir (ou ignorer) un comportement inadapté pour le faire disparaître (punition = stimulus négatifs)[1] et encourager un comportement adapté pour le faire réapparaître et l’ancrer dans le répertoire comportemental de l’individu (encouragement = stimulus positif). Par exemple : si vous souhaitez que votre collègue vous fasse davantage de compliments et un peu moins de critiques, encouragez-le quand il vous fera des compliments (stimulus positif), et ne réagissez pas quand il vous adressera des critiques (retrait d’attention qui vise à l’extinction du comportement). C’est la base de l’éducation des enfants et des animaux (et des adultes, aussi !).

On s’est alors dit qu’ignorer les pleurs de l’enfant finirait par le faire arrêter de pleurer…

Mais quel rapport avec le sommeil des enfants, me direz-vous ? C’est simple. Sur la base de ces postulats comportementalistes, une idée simple a émergé : pour qu’un enfant arrête de nous réveiller la nuit, il suffit d’ignorer ses pleurs. Et là, deux stratégies co-habitent.

Pour certains, le laisser pleurer revient simplement à ignorer son comportement inadapté. Ce qui, à première vue, n’est donc pas maltraitant ! De nombreux praticiens vous diront alors que laisser pleurer un bébé n’est pas un châtiment. Et qu’il s’agit juste de ne pas prêter attention à lui quand il ne se comporte pas comme il le devrait.  De quoi se sentir bien dans ses baskets…

D’autres vous diront que cette ignorance est une réelle punition puisque quand l’enfant pleure, nous l’abandonnons (or, l’abandon est un stimulus négatif fort pour beaucoup d’entre nous).

Toutefois, quelle que soit la stratégie sous-jacente, la conduite reste la même : l’enfant pleure seul dans son lit, un point c’est tout. Et, qu’on se le dise, ça marche plutôt pas mal (mais pas pour les bonnes raisons, ce qu’on verra un peu plus tard). Au bout de quelques nuits, l’enfant ne réveille plus ses parents la nuit. Et les cernes parentales s’estompent. Eurêka !

 

On oublie que les pleurs sont une alarme et non un comportement intentionnel

Malheureusement, dans cette histoire, nous avons négligé un détail majeur. Il est surprenant de traiter, au même titre, un comportement inadapté de type « les critiques d’un collègue » avec… les pleurs d’un bébé. Pourquoi ? Car les critiques de votre collègue sont un comportement raisonné, intentionnel. Alors que les pleurs de votre bébé sont un comportement d’alerte, non intentionnel. L’enfant ne fait pas exprès de pleurer et de vous faire passer une mauvaise nuit ! Il n’est donc pas logique de leur apporter la même réponse, à savoir l’ignorance…

 

La fameuse méthode du « 5-10-15 »

Revenons à nos moutons : la méthode du « laisser pleurer l’enfant » (que certains qualifient de dressage au sommeil). Au fur et à mesure, différents médecins s’en sont emparés en lui apportant quelques variantes (et leur nom aussi, histoire de gonfler un peu leur ego – logique). La méthode Ferber ou la méthode dite des « 5-10-15 » est l’une des plus célèbres. C’est d’ailleurs probablement cette méthode dont vous a parlé votre pédiatre ou votre grande tante. A l’époque, elle était aussi populaire que l’est aujourd’hui le vin de Bordeaux (ou presque). Le principe est simple (et tout de même assez cruel) : le parent doit laisser son enfant pleurer 5 minutes avant d’aller le retrouver, puis 10 minutes, puis 15 minutes, puis 20 minutes, puis 25 minutes, et ainsi de suite. Voyons comment cela se passe concrètement…

Sur les conseils du pédiatre, vous décidez de laisser votre enfant pleurer…

Ça y est, riche des conseils que vous a prodigués votre pédiatre ce matin, vous avez décidé de laisser pleurer votre enfant cette nuit. Vous lui répétez combien vous l’aimez (votre enfant hein, pas le pédiatre !). Vous le posez dans son petit lit, vous sortez de la pièce (pas très rassuré, tout de même, car vous sentez que quelque chose ne tourne pas rond dans cette méthode) et vous éteignez la lumière. Et là, BIM, votre enfant se met à pleurer[3]. Votre rythme cardiaque et votre respiration s’accélèrent, votre gorge se serre. Naturellement, le parent légitimement soucieux du bien-être de son enfant que vous êtes, se met à stresser. Comment pourrait-il en être autrement ? Pour lutter contre cet inconfort, les parents font comme ils peuvent : certains vont se réfugier à l’autre bout de l’appartement pour ne pas entendre les cris de leur enfant, d’autres optent pour des bouchons d’oreille (et conseillent à leurs voisins d’en faire de même), d’autres encore – les plus téméraires – restent derrière la porte espérant que les pleurs vont finir par s’arrêter. Mais ces minutes sont interminables…

Que se passe-t-il dans son petit cerveau à ce moment-là ?

Privé de votre proximité, votre enfant est soudainement envahi d’un sentiment d’insécurité. Plus l’enfant est jeune, moins il est en capacité de se raisonner, plus il se sent en insécurité. Vulnérable comme il est, la nature l’a équipé de pleurs et de cris afin qu’il puisse toujours s’assurer de la proximité de l’adulte en cas de pépin. Ce qui est, là, le cas. Son amygdale, une petite partie de notre cerveau dont le rôle est de décoder le danger, s’active. L’alarme est déclenchée : « PIN PON PIN PON ! ». Alerté, l’hypothalamus de votre enfant va ordonner la sécrétion des hormones de stress. Au lieu de se détendre, son organisme va au contraire être dans une hyper-vigilance. Son corps se prépare au pire pour assurer sa survie : au combat ou à la fuite (rappelons au passage que son cerveau – vieux de quelques milliers d’années – ne fait pas bien la différence entre un mammouth de 40 tonnes qui débarque et l’insécurité qu’il ressent quand il est seul dans son lit).

Son cerveau est envahi d’un flux chimique et hormonal abondant. C’est alors que, pour protéger l’enfant de ce trop-plein de stress et atténuer l’activité de son système d’alarme, la nature a tout prévu. Son cerveau se baigne de substances opiacées, telles que les endorphines et la sérotonine. Il est comme auto-drogué. L’enfant va alors finir par s’endormir, exténué.

Soumis à un trop plein de stress, son cerveau a besoin d’ocytocine pour s’apaiser

Or, sur le moment, le meilleur antidote de ce trop-plein de cortisol est… l’ocytocine. Et cette hormone, pas besoin de courir en pleine nuit jusqu’à la pharmacie pour s’en procurer, il suffit juste de prendre votre enfant dans les bras ! C’est magique ! C’est l’hormone que notre cerveau sécrète lorsque nous témoignons de l’affection pour quelqu’un, que nous lui sourions, que nous pensons à quelqu’un que l’on aime (quand on a un rapport sexuel aussi, mais ça, c’est une autre histoire). C’est pourquoi quand un enfant pleure, nous conseillons généralement aux parents de le câliner sans se poser trop de questions. C’est d’ailleurs le mode de maternage qui a prévalu pendant 99% de l’humanité ! En laissant un enfant pleurer, on lui apprend que les règles millénaires ont changé et que cette ocytocine, eh ben il ne l’aura pas.

Et si votre enfant pleure malgré tout, même s’il est lové dans vos bras, pas de panique : relisez mon article « Les pleurs des bébés : un grand malentendu » et invitez-le à pleurer, à se décharger dans vos bras. Pleurer à satiété dans les bras de quelqu’un de bienveillant, en qui on a confiance, c’est très positif !

 

Non, il ne se fait pas vomir pour attirer votre attention. Il vomit, tout simplement.

Dans le cas d’une forte situation de stress, quand le taux de cortisol et de sérotonine sont particulièrement élevés, cerise sur le gâteau, l’enfant peut se mettre à vomir involontairement. C’est une scène que l’on rencontre d’ailleurs souvent au cinéma : confronté à une situation de grand stress (la vue d’un cadavre, par exemple), un des personnages file vomir sur le trottoir. Donc non, contrairement à ce que l’on vous a peut-être fait croire, votre enfant ne se fait pas vomir à ce moment-là pour vous faire revenir dans la chambre, il ne le fait pas exprès.

 

L’enfant apprend à ne compter que sur lui-même

Confronté à ces expériences répétées, les pleurs de l’enfant ignorés par l’entourage vont finir par s’arrêter. L’enfant ne vous réveillera plus la nuit. Il était temps. Mais attention, ce n’est pas que l’enfant n’a plus de besoins, c’est juste qu’il ne les manifeste plus.

En laissant un enfant pleurer seul dans son lit, on ne lui apprend donc pas à dormir. On le soumet à un stress débordant. Ce qu’on risque de lui apprendre, c’est qu’il ne peut pas compter sur les adultes en cas de besoin et qu’il doit s’habituer à ne compter que sur soi-même. Ces situations, si elles sont répétées, peuvent influencer son style d’attachement et la confiance qu’il porte dans les adultes qui prennent soin de lui.

 

A haute dose, le stress répété devient toxique pour le cerveau

A haute dose, le stress (l’activation excessive et/ ou répétée du système d’alarme) peut devenir toxique. Des hauts niveaux de cortisol peuvent agir comme du poison sur le cerveau de l’enfant, notamment sur la région de l’hippocampe, et provoquer des pertes neuronales. Rosa Jové, pédopsychiatre spécialiste du sommeil de l’enfant, rappelle que « ces vagues successives de substances chimiques qui viennent submerger le cerveau réduisent la sécrétion normale de sérotonine et insensibilisent l’amygdale. (…). N’oublions pas qu’un niveau bas de sérotonine est le marqueur le plus important de la violence chez les animaux et chez les humains, qu’il est lié à un indice élevé d’homicides, de suicides, de pyromanies, de désordres antisociaux, d’automutilations et autres comportements agressifs »[5].

 

En même temps, mieux vaut un enfant qui pleure seul qu’un parent qui risque de perdre son sang-froid…

Après, comme je le dis souvent aux parents, mieux vaut un enfant qui pleure seul dans son lit que des parents épuisés qui risquent de passer à l’acte, de le secouer, et d’occasionner des séquelles irréversibles… S’occuper d’un jeune enfant, c’est éprouvant. Chaque jour, nous faisons tous au mieux avec nos ressources. L’idée étant de trouver cet équilibre fragile entre la satisfaction des besoins de proximité et de réassurance de notre enfant et la satisfaction de nos propres besoins de calme et de repos. Que la force soit avec vous !

 

Heu, au fait… Depuis quand les enfants ont besoin qu’on leur apprenne à dormir  ?

Dites donc, il y a dans cette histoire un point qu’on a complètement oublié d’aborder : l’apprentissage du sommeil. Sachez qu’il est inutile d’apprendre un enfant à dormir car il sait très bien dormir tout seul. Il dormait déjà très bien quand il était confortablement logé dans notre ventre, peinard. C’est juste qu’il ne dort pas aujourd’hui comme on le voudrait, selon nos contraintes d’adultes (qu’est-ce qu’il doit regretter sa vie d’avant, par moments…). Apprendre un enfant à dormir reviendrait à lui apprendre à respirer ou à éliminer, cela n’a pas de sens !

Alors comme ça, les enfants font leurs nuits à 4 mois ?

Ah oui, aussi, un dernier point : l’âge auquel l’enfant devrait faire ses nuits (sujet de conversation numéro 1 des jeunes parents épuisés). « Il a 4 mois ? Votre enfant devrait faire ses nuits ! ». Voilà de quoi culpabiliser les parents et leur mettre une pression inutile[6]. Ne vous fiez pas aux idées reçues : seulement 10 à 15% des enfants de 7 mois seraient en capacité de dormir d’une seule traite 10 à 12 heures par nuit[7].  D’autres recherches soulignent que 15 à 35% des enfants ont le sommeil plus ou moins perturbé pendant les cinq premières années de la vie[8]. Dans leur ouvrage « Le sommeil, le rêve et l’enfant » (Albin Michel, 2011), les Docteurs Thirion et Challamel expliquent que 40 à 60 % des enfants de 18 mois se réveillent toujours la nuit. En 1970, Ajuriaguerra[9] note qu’entre 3 et 5 ans, même le sommeil est mieux organisé dans l’ensemble, on rencontre encore fréquemment de la lenteur à s’endormir ainsi que des réveils nocturnes. Tout ça pour vous dire que, bad luck, les enfants ne dorment pas aussi bien qu’on voudrait le penser. « Ces faux espoirs incitent les parents à s’imaginer que leur enfant a un gros problème (…). Ce n’est pas vrai. Le sommeil est un processus évolutif, et tout enfant en bonne santé finira par dormir parfaitement un jour ou l’autre » souligne le Docteur Rosa Jové dans son excellent ouvrage « Dormir sans larmes. Les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans » (Les Arènes, 2017). Pas de pression, donc.

 

Et si le problème c’était pas le sommeil de nos enfants mais  nos propres attentes à l’égard de leur sommeil ?

Il est intéressant de noter que dans les sociétés où l’éducation des enfants est plus respectueuse de leurs besoins et où le sommeil de l’enfant n’est pas idéalisé, on recense très peu de problèmes de sommeil chez les jeunes enfants !  Tout l’inverse des sociétés occidentales moins tournées vers le respect de l’enfant. Une idée à méditer…

 

 

[1] Dans l’éducation des enfants et des chiens, par exemple, ce stimulus négatif a longtemps été un châtiment corporel. On avait tendance à frapper un enfant qui avait fait tomber son verre d’eau ou le chien qui avait fait pipi dans le salon. Pour beaucoup de parents encore aujourd’hui, la punition demeure LE stimulus négatif par excellence (alors qu’elle induit un sentiment de colère et de honte chez l’enfant plus qu’elle lui permet de comprendre la portée de ses actes). Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et les connaissances sur l’enfant nous ont encouragé à déployer des stratégies plus respectueuses de sa personne. Aujourd’hui, ce stimulus négatif, qui vise à faire disparaître un comportement, consiste plutôt à ignorer le comportement, à rester indifférent. Par exemple : on va ignorer le petit chien qui mordille le jouet et l’encourager s’il parvient à lâcher le jouet et à mordiller son os ! Ce principe, plus respectueux des individus – humains et non humains – est à la base de l’éducation positive.

[3] Rappelez-vous que votre jeune enfant est littéralement programmé pour être en fusion avec un adulte rassurant durant ses premiers mois de vie, du fait de son immaturité. Même un peu plus grand, il éprouve ce besoin fondamental de proximité avec l’adulte. Il n’a pas ENVIE d’être contre vous, il a BESOIN d’être contre vous !

[5] Citation extraite de l’ouvrage « Dormir sans larmes. Les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans ».

[6] Avez-vous remarqué à quel point le sujet des nuits arrive rapidement dans les conversations avec votre entourage quand il s’agit d’évoquer votre enfant ? « Quel âge a-t-il ? » (première question) et « Est-ce qu’il fait ses nuits ? » (deuxième et fatidique question).

[7] Estivill et Béjar (1995). Duérmete, Nino. Published by Circulo de Lectores.

[8]Lozoff and al. (1985). Sleep problems seen in pediatric practice. Pediatrics. 75(3):477-83.

[9] Ajuriaguerra, J. (1970). Manuel de psychiatrie de l’enfant. Paris, Masson (2e édition).

5 commentaires sur “Faut-il le laisser pleurer seul dans son lit pour lui « apprendre à dormir » ?

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  1. Bonjour je découvre votre blog suite à la première découverte de votre compte Instagram je tiens à vous féliciter pour cet article sur le sommeil de bébé qui est tellement bien expliquer et documenté si nous avions connu ça à notre époque nous aurions fait moins de bêtises en donnant toute notre confiance au pédiatre qui lui-même faisait avec les moyens du moment.
    Vos écrits sont une richesse pour cette génération de jeunes parents qui arrivent et donc pour leurs enfants.

    Etienne

  2. Merci pour ce bel article qui informe, conseille, rassure et me soulage en temps que maman a qui l’on reproche souvent son amour du maternage

  3. Merci pour cet article, tout à fait pertinent et qui mériterait d’être plus connu des professionnels de la petite enfance (et des parents bien entendu). Une petite réserve seulement sur le descriptif du comportementalisme. La punition est une stratégie loin d’être encouragée pour les analyses du comportement, au contraire; elle peut être utilisée dans des cas très particuliers, nécessairement associée à d’autres stratégies positives. Et dans le cas des pleurs d’un bébé, ne le serait pas du tout! Heureusement!! Evidemment certains peuvent avoir une mauvaise compréhension des principes qui sous-tendent le comportementalisme, l’adapter d’une mauvaise manière aux situations particulières, avec les conséquences que cela peut avoir;..

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