Éveiller ses sens, c’est un jeu d’enfant !

Source photo : http://pourbebe.comRetrouvez cet article publié dans les revues Infobébés et Infocrèche de septembre/ octobre 2013.

Dès leurs premiers mois de vie, bien lotis dans votre ventre, les sens de votre enfant sont déjà à l’affût de la moindre stimulation. Une fois dans notre monde, ils s’aiguisent pour un terrain de jeu encore plus riche. Aujourd’hui, c’est à vous de jouer !

Dimanche, 16 heures. Votre petite famille, partie en balade, s’apprête à suivre la trace des chemins sinueux de la forêt. Lorsque soudainement, quelques gouttes de pluie se mettent à tomber d’un ciel nuageux. Ni une, ni deux, vous décidez de rebrousser chemin et proposez à votre petit Mathéo, dix-huit mois, de se réfugier dans la voiture. Changement de programme : pour ce dimanche pluvieux, visionner confortablement un DVD en famille lui fera un bien fou, pensez-vous. Halte là ! Vous est-il déjà arrivé de vous mettre dans la peau d’un tout-petit ? Vous êtes-vous déjà demandé de quel plaisir sensoriel votre enfant pouvait-il se délecter dans un tel environnement ? Car si la situation vous est inconfortable, elle n’en demeure pas moins pour lui une source d’épanouissement. Car cette expérience des plus anodines participe activement à l’éveil de ses cinq sens : le chant furtif des oiseaux, la sensation de l’eau sur sa peau, la vue d’un arc en ciel, le parfum des arbres en fleurs, le goût des quelques gouttes de pluie ruisselant sur ses lèvres. Si cette expérience sensorielle lui est si bénéfique, c’est parce que ses sens, encore immatures, sont en pleine découverte de notre monde. En tant que parent, vous contribuez naturellement à son éveil en prenant soin de lui au quotidien. Toutefois, quelques activités simplissimes peuvent vous permettre de provoquer le destin et de l’éveiller davantage, toujours dans le plus grand respect de son propre rythme.

Le toucher : avec du rugueux, du doux…

Invitez-le à parcourir son index sur les différentes parties de votre corps : la douceur de vos cheveux, l’humidité de votre bouche, la courbure de votre nez, le rugueux de votre pull en laine. Proposez-lui de faire de même sur son propre corps. S’il est plus grand, demandez-lui de fermer les yeux pour ne se concentrer que sur ses sensations tactiles. Ces expériences sensibiliseront votre petit Nathan aux limites de son corps qu’il percevra ainsi comme plus unifié. Faites-lui également découvrir la sensation que peut lui procurer son environnement : chatouillez-lui les orteils avec un plumeau, parcourez le bouchon d’un feutre le long de sa plante de pied ou encore faites glissez un brin d’herbe sur son visage. Profitez des moments de bain ou de change pour le masser et le caresser. Alternez dans ce cas des caresses douces et continues avec la paume de la main, avec des petites stimulations brèves et ponctuelles avec le bout des doigts. En escapade au marché, permettez-lui de glisser sa main dans des sacs de pâtes, de riz ou de farine. Le recours au chaud, au froid, à l’air ou à l’eau peut enrichir vos activités. Libérez donc votre créativité !

Bon à savoir : Bien loti dans votre ventre, votre loulou reçoit déjà des sensations tactiles via le liquide amniotique dans lequel il baigne. Le message cutané est l’une des premières informations transmises au cerveau fœtal. Puis, durant ses premiers mois de vie, sa communication et son apprentissage du monde passent par le toucher. Car c’est en touchant, et en étant touché, qu’il le découvre. La finesse de sa peau le rend d’ailleurs particulièrement sensible aux textures.

L’odorat : avec des plantes, des épices…

Éveillez son odorat par la découverte d’odeurs dites fortes. S’il est plus petit, disposez un brin de menthe ou de laurier sous son nez, et observez sa réaction. Invitez-le à suçoter sa tétine pour vous assurer qu’il ne respire pas par la bouche ! S’il est plus grand, proposez-lui de s’adonner au jeu des odeurs : faites-lui sentir tour à tour des bâtons de cannelle, des clous de girofle, une barquette de fraise, un pot de moutarde. Vous pouvez également lui proposer de fermer les yeux et de tenter de reconnaître leur odeur, auquel cas vous opterez pour des aliments quotidiens dont il maîtrise le nom. Attention à ne pas lui présenter des odeurs désagréables alors qu’il a les yeux fermés, sans quoi il risque fort de ne plus vous faire confiance ! Bien sûr, efforcez-vous de conserver une dimension exploratoire et ludique. En un mot, amusez-vous !

Bon à savoir : L’odorat est l’un des premiers sens qui se développent au cours de sa vie intra-utérine. Ainsi, reconnaître votre odeur quelques heures après sa naissance est pour lui un jeu d’enfant. Car il a du flair ! Déjà nouveau-né, il exprime une attitude de rejet lorsqu’on lui présente une odeur de poisson pourri ou d’œuf avarié, et esquisse au contraire une expression de satisfaction lorsqu’il s’agit d’odeur de vanille, de banane ou de chocolat.

La vue : avec des couleurs, des lumières…

L’obscurité, la lumière et les couleurs deviendront vos partenaires de jeu d’éveil privilégiés ! S’il n’a que quelques mois, déplacez lentement une jolie balle rouge et attractive à trente centimètres de ses yeux, sur un fond uni. S’il est plus grand, baissez les volets et faites danser des faisceaux lumineux et colorés, sur un mur uni ou sur son propre corps. Pourquoi ne pas jouer à toucher les lumières avec les doigts. Le recours à des jeux de miroirs peut également enrichir ces activités. Et à son âge, aucun risque qu’il ne devienne narcissique ! Autre idée : créez des ombres chinoises avec vos mains, que vous intégrerez dans une histoire dont le fil conducteur maintiendra son attention et son intérêt pour la stimulation visuelle.

Bon à savoir : Pendant longtemps, experts et parents considéraient le nouveau-né aveugle durant ses deux premières semaines de vie. Or, l’avancée de la recherche a mis en avant une sensibilité à la lumière dès le septième mois d’existence intra-utérine ! Si à cette période, le gyrophare d’un camion de pompier clignotait à proximité de votre ventre, sans doute le rythme cardiaque de votre bout’ chou s’est accéléré et ses quatre petits membres ont esquissé un mouvement.

Le goût : avec du sucré, de l’acidulé…

Il est préférable d’attendre la fameuse diversification alimentaire pour éveiller le goût de votre petit Hugo. Dès lors, faites-lui (re)découvrir les saveurs de base de notre alimentation : l’amertume d’une endive, le sucré d’une banane, le salé d’un fromage, l’acide d’un citron. S’il est plus grand, initiez-le à la richesse des épices des quatre coins du monde. Invitez-le à tremper le bout de son index humecté dans un récipient contenant du safran, du curry, du paprika. Mais l’éveil du goût passe avant tout par la découverte de ses textures. Proposez-lui alors de déguster le croquant d’une amande, la douceur d’une banane, le moelleux de la mie de pain ou encore le velouté d’un gaspacho. Comme pour les autres activités, invitez-le à y goûter les yeux fermés pour que les bourgeons gustatifs de sa langue soient à l’affût de la moindre stimulation. Dès 5 ou 6 mois, pourquoi ne pas lui faire goûter sur le bout de votre index les bons petits plats que vous lui préparez. Mais attention à ce que votre enfant n’ait pas le nez bouché, sans quoi ses perceptions seront altérées !

Bon à savoir : Déjà nouveau-né, votre loustic est en mesure de distinguer ce qu’il aime de ce qu’il n’aime pas. Loin d’être un fin gourmet, il dispose donc d’un certain palais. Déjà dans votre ventre, les recherches montrent qu’il avale plus de liquide amniotique lorsque ce dernier est plus sucré. D’autres recherches soulignent même que les goûts de votre bébé dépendent étroitement de vos propres habitudes alimentaires pendant l’allaitement !

L’ouïe : avec de la musique, des sons…

Initiez-le dès son plus jeune âge à la diversité des sons : au bruit sourd d’un tambour, au son éclatant d’un xylophone. Dès qu’il grandira, et sans espérer en faire un petit Mozart, permettez-lui de s’adonner quelques minutes par jour aux percussions en tous genres, voire à tapoter sur les touches du piano familial. Cela éveillera d’autant plus son ouïe qu’il en sera lui-même à l’initiative, car il cernera progressivement les relations de cause à effet entre le mouvement effectué et le son produit. S’il est plus grand, bandez-lui les yeux, asseyez-le confortablement et déplacez-vous tout autour de lui en chantonnant. Alternez des séquences où vous lui murmurez quelques mélodies au creux de l’oreille avec des épisodes où vous chanterez à pleins poumons, plus distante. Par ailleurs, n’hésitez pas à le sensibiliser aux bruits discrets qui échappent habituellement à son attention, tel qu’un soupir, un bruit de langue, un robinet qui goutte…

Bon à savoir : Au septième mois de vie intra-utérine, votre chérubin est en capacité d’entendre des sons lorsque ceux-ci sont d’une intensité suffisamment intense pour couvrir vos bruits digestifs et cardiovasculaires. Nouveau-né, il se souvient des histoires que vous lui avez lues avant sa naissance. Vers huit mois, il est même capable de distinguer une musique triste d’une musique gaie ! Selon des chercheurs américains, tous les bébés ont l’oreille absolue jusqu’à environ dix mois, ce qui leur permet d’apprendre le langage. Mais malheureusement pour nous, cette capacité incroyable, perdant de son utilité, disparaît en grandissant !

Vous en conviendrez, accompagner votre loustic sur les chemins de l’éveil est jeu d’enfant qui permettra aussi, à l’adulte que vous êtes, de redonner le temps d’une activité du sens à vos perceptions trop souvent négligées. Lors de votre prochaine escapade en ville, laissez l’environnement envahir vos sens et appréhendez-le comme si vous le découvrirez pour la toute première fois, riche de ses multiples stimulations insoupçonnées. L’étape nécessaire pour redevenir enfant, ne serait-ce qu’un instant.

Avis de pro : « Oubliez l’idée de performance ! »

« Nous imposons souvent un désir de productivité et de performance à nos enfants au cours d’activités. Un cadre exigeant pour des tout-petits en pleine expérimentation. Si certains parents pensent ainsi les aider à surpasser, ils les limitent parfois dans leurs découvertes. Or, un simple regard bienveillant soutient, valorise et encourage l’enfant à aller de l’avant. »

Isabelle Chalvet, Éducatrice de jeunes enfants, responsable du Relais Assistantes Maternelles de Carrières-sur-Seine.

L’ouïe fine, de mère en fille

« Ma petite Chloé a le sens de l’ouïe particulièrement aiguisé. Sans doute est-ce parce que, concertiste de profession, j’ai toujours répété mes morceaux de violon en sa présence, même enceinte du huitième mois. En revanche, je m’amuse de voir que les deux fils de ma voisine, pâtissière de profession, ont le sens du goût largement développé !

Clara, maman de Chloé, 18 mois (Auxerre).

Attention aux « sur-stimulations » !

Un environnement high-tech équipé de télévision ou de jouets électroniques est loin d’être très bénéfique à votre bout’ chou. Au contraire, ses sens ne sont bien souvent pas assez costauds pour supporter des stimulations visuelles et auditives, d’une telle intensité. Le risque ? Qu’il souffre d’une fatigue sensorielle et nerveuse. Mieux vaut donc le maintenir dans un environnement plus naturel. Croyez-nous, l’éclat de rire de sa maman ou le chant d’un rossignol fera de lui le plus heureux des bébés !

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