Animal + Bébé : un max de bienfaits !

Retrouvez cet article publié dans la revue Infobébés du mois de novembre 2012.

La grande complicité qui se tisse entre nos enfants et leur animal de compagnie bouscule nos codes sociaux et relationnels. Et pourtant, cet attachement particulièrement bénéfique joue un rôle clé pour lui dans la découverte de soi et du monde. Zoom sur une relation empreinte d’émotion et d’intensité.

C’est décidé ! Face à la pression de vos plus grands enfants, vous acceptez d’adopter un petit chien pour compléter la joyeuse troupe. Si ce projet fait enfin l’unanimité, il faut bien le préparer. L’accueil d’un nouvel animal vis-à-vis de votre enfant, ou d’un nouvel enfant vis-à-vis de votre animal, se doit d’être réfléchi. Car un enfant, comme un animal, peut être jaloux d’un nouvel arrivant. Tous deux risquent de souffrir de frustrations liées à un manque d’attention et d’interaction. Quel que soit le cas de figure, il est important de prendre le temps de les présenter l’un à l’autre dès leur arrivée. Invitez l’animal à renifler et à lécher l’enfant, l’olfaction jouant un rôle clé dans l’établissement de l’attachement. Puis, éloignez légèrement l’animal de votre enfant, afin que ce dernier puisse en avoir une vision globale. Faites attention à ce qu’il ne lui empoigne pas les poils ou ne lui tape pas sur la tête dès le premier contact. Puis, progressivement, invitez l’enfant à lui donner à manger, à le caresser, à l’appeler. L’ensemble de ces comportements d’offrandes et de sollicitations permettra de créer un lien de qualité entre les deux protagonistes.

Il est son modèle !

Tous deux commencent enfin à s’habituer l’un à l’autre, ouf ! C’est le début d’une longue histoire. Votre loustic s’identifie alors à son ami à poils, comme il pourrait s’identifier à un super héros. Tout ce que son compagnon fera, il l’expérimentera : la manière qu’il a de jouer avec une balle, de dévorer un morceau de fromage, ou encore de s’endormir, blotti contre l’accoudoir du canapé. Sans aucun scrupule, votre loulou considère son compagnon comme son égal. A tel point qu’il se sent plus semblable à son animal qu’à vous-même, qui demeurez à ses yeux une énigme. Le monde des adultes, dont il n’en comprend qu’une infime partie, lui échappe. A l’inverse, le monde des animaux est à sa portée dans le sens où celui-ci mobilise davantage la sphère sensorielle, émotionnelle et affective, plus qu’intellectuelle. Grâce à cette identification, votre enfant construit sa propre personnalité, expérimente progressivement de nouvelles activités en compagnie de son meilleur ami et gagne de la confiance en ses propres actions.

Il est son complice, son confident

Et ce n’est pas tout ! Si cette identification naturelle lui est bénéfique, leur complicité ne l’est pas moins. Votre enfant semble avoir une disposition innée à comprendre son compagnon, et à se faire comprendre en retour. A l’inverse de celle des adultes, leur communication est majoritairement non verbale. Regards, caresses, odeurs, rires, pleurs, ce sont autant de signaux que votre Mattéo adressera à son compagnon. Cette complicité permettra à votre chérubin de lever ses inhibitions sociales. « Stéphanie est une petite fille très timide qui ose à peine répondre aux questions que lui posent les adultes. A côté de ça, elle passe de longs moments à chuchoter des secrets à l’oreille de notre chien ! » confie Emmanuela, maman de Stéphanie, quatre ans (par internet). L’animal devient un exutoire : ses yeux peuvent tout voir et ses oreilles tout entendre, sans ne jamais rien répéter. Fidèle, ce compagnon à quatre pattes offre également une figure d’attachement pérenne. Car contrairement à son petit voisin de palier ou à Margot sa plus grande sœur, son animal sera toujours disponible et réceptif à ses sollicitations. Cette stabilité assure à votre petit chéri une certaine sécurité affective, indispensable à son autonomie. Et c’est précisément au cours d’épisodes de jeu que leur complicité sera la plus intense…

Il enrichit son jeu

Si jouer est pleinement bénéfique au développement de votre loulou, jouer avec un animal le sera d’autant plus. Sa présence stimule l’inventivité de votre enfant et impulse de nouveaux jeux inenvisageables s’il était seul. « Depuis qu’il est en âge de courir, mon fils et son chat s’amusent beaucoup à se poursuivre après à travers l’appartement. C’est un spectacle composé de glissades sur le parquet et de rires sans fin ! » confie Emilie, maman de Tom, 4 ans (Hautes-Alpes).  Nombreux sont les enfants qui partent à la conquête d’un espace inconnu ou qui expérimentent des postures corporelles inédites, en présence de leur compagnon. L’enfant trouve en lui les ressources nécessaires pour se dépasser et surmonter ses peurs. Ces épisodes de jeu musclés favorisent alors leur développement psychomoteur et la construction de leur schéma corporel. L’animal, partenaire de jeu, cultive la créativité de votre petit humain. Car à la différence d’une poupée ou d’une peluche, l’animal réagit à ses sollicitations, et parfois même, surenchérit. Votre enfant fait ainsi l’expérience du vivant. Le déroulement et l’issue du jeu ne dépendent pas uniquement de sa volonté, mais également des réactions de son compagnon. Le flanc en mouvement du chien devient un tremblement de terre imprévu et l’entrée soudaine du chat dans la chambre l’apparition d’un tigre sacré en pleine jungle !

Il renforce son système immunitaire

Il s’avère que les bienfaits de l’animal sont également physiologiques. En juillet 2012, des chercheurs finlandais ont découvert que les très jeunes enfants qui étaient en contact quotidien avec un chien ou un chat étaient moins sujets aux maladies de l’oreille et aux affections respiratoires (toux, sifflements, rhinite et fièvre) que les autres enfants. Et le bénéfice serait maximal lorsque l’enfant fréquente un animal plus de six heures par jour. Pour arriver à de telles conclusions, ces chercheurs ont épluché le quotidien de 397 enfants de leur 9ème à leur 52ème semaine ! La clé de ce mystère ? Un système immunitaire renforcé, dont les réponses seraient plus efficaces et conduiraient à des épisodes d’infection plus courts. Cette étude vient renforcer les conclusions d’une autre étude, plus ancienne, qui stipulait que les enfants vivant à la campagne dans des fermes, tombaient moins malades que les enfants vivant à la campagne, en l’absence d’animaux.

Il peut aussi lui faire peur

Malgré tous les bienfaits que son compagnon à quatre pattes lui procure, il se peut que votre loulou en ait peur. Cette peur peut être acquise par votre enfant au cours d’une expérience vécue comme désagréable avec un animal, ou tout simplement héritée de vous-mêmes, ses parents. La peur relève dans ce cas d’un apprentissage, fruit d’une observation attentive de vos propres réactions. Par exemple, si dès que vous apercevez un cheval vous esquissez une moue perplexe, serrez plus fort la main de votre petite Chloé et lui interdisez de s’approcher, votre fille risque inconsciemment de développer la même peur que vous du cheval. La frontière entre une peur saine et une peur pathologique est difficile à délimiter. Toutefois, si votre enfant développe une peur exacerbée d’une situation ou d’un animal qui ne représente objectivement aucun caractère de danger (un lapin ou un oiseau par exemple), il s’agit plutôt d’une phobie. Il est important dans ce cas que vous le rassuriez : « J’ai bien senti que tu avais peur des oiseaux dans le square. Pourtant, tu sais bien qu’ils ne vont pas te faire de mal et qu’ils ont aussi peur de toi. Regarde, dès que tu t’en approches, ils s’envolent. » N’hésitez pas à accompagner votre enfant au contact de l’animal en question, à moins que, bien sûr, vous sentiez un réel danger.

Vous l’aurez compris, la relation qui se tisse entre un animal et un enfant est d’une grande richesse, dont les bienfaits pour votre chérubin sont une grande évidence. Ainsi, si vous-même vous vous sentez capable de prendre soin d’un tel compagnon jusqu’à son dernier souffle, n’hésitez pas à passer le cap. Car, si l’animal est bénéfique à un tout-petit, il l’est aussi pour ses parents !

Remerciements à Hubert Montagner, ancien Professeur des Universités, Directeur de Recherche à l’INSERM et auteur de l’ouvrage « L’enfant et l’animal, les émotions qui libèrent l’intelligence » (éd. Odile Jacob, 2002). 

Avis de pro : comment savoir s’il est allergique ?

L’allergie aux animaux de compagnie n’est pas rare. Et le chat en est à lui seul responsable des deux tiers. Les signes d’alerte sont regroupés dans l’ABCDaire® de la rhinite allergique : A comme « Atchoum », B comme nez bouché, C comme nez qui coule, D comme démangeaison, E comme énervement et F comme fatigue. Il est indispensable de confirmer le diagnostic par des tests. En cas d’allergie, peu de familles se débarrassent de l’animal, compte tenu de l’attachement réciproque. Le mieux est de limiter la présence du chat et d’éliminer au maximum les allergènes. Il existe toutefois des solutions thérapeutiques antiallergiques.

Docteur Nhân PHAM-THI

Pneumo Allergo Pédiatre, praticien à l’hôpital Necker des Enfants Malades, à Paris.

L’animal, omniprésent dans l’univers de l’enfant

Depuis ses toutes premières heures de vie, l’animal est aux côtés de votre enfant. Car il est largement représenté : sur son premier body, sa première assiette, sa première couverture. L’animal fait donc naturellement partie de l’imaginaire du tout-petit. La traditionnelle peluche est quant à elle toujours appréciée puisque chaque enfant en possèderait cinq en moyenne, le plus souvent des ours. Douce et sécurisante, elle joue le rôle de substitut en votre absence.

Conseils pratiques : comment bien choisir son compagnon ?

* Pour les enfants de moins de 3 ans, évitez d’adopter un trop gros animal. Mieux vaut privilégier les petits mammifères. Le lapin, dont le registre comportemental est rudimentaire, cultive des contacts extraordinaires avec le jeune enfant.

* Évitez également les trop petits animaux, tels que le hamster, le poussin ou la souris : dans un débordement d’affection, l’enfant risque de l’étouffer en le serrant trop fort contre lui.

* Certains animaux sont plus adaptés aux enfants que d’autres, notamment le labrador, dont la tolérance aux tirages de poils et aux coups de l’enfant, est largement supérieure à celle du chat. Il n’y a cependant pas de règle universelle : la patience d’un animal dépendant en grande partie de son histoire. Pour adopter un animal, il est préférable de le prendre dans une famille dont la chienne, la chatte ou la lapine, vient d’avoir des petits. L’environnement humain et chaleureux dans lequel il baigne sera bénéfique à sa socialisation.

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